Une prothèse à ancrage osseux autorisée aux Etats-Unis

Une prothèse à ancrage osseux autorisée aux Etats-Unis

Les autorités sanitaires américaines ont autorisé l’utilisation d’une prothèse directement connectée au squelette du patient. Un principe dit d’ostéo-intégration déjà utilisé en France.

Une vis en titane est implantée directement dans l’os du membre amputé. ©Integrum

 

La Food and Drug Administration (FDA) a autorisé le 16 juillet 2015 l’utilisation d’une prothèse à ancrage osseux destinée aux personnes amputées très au-dessus du genou et ne pouvant pas bénéficier des prothèses classiques. En effet, ces dernières s’installent en principe comme une sorte de chaussette par le biais d’une emboîture. L’avantage est qu’elles ne nécessitent aucune intervention chirurgicale pour être utilisée. Mais ce type de dispositif est parfois inadapté à la rééducation des personnes dont le moignon est très court. C’est ce qui a conduit la FDA a validé l’utilisation de la Osseoanchored Prostheses for the Rehabilitation of Amputees (OPRA/Prothèse d’ostéo-intégration pour la rééducation des amputés) développée par la société suédoise Integrum.

Car une prothèse ancrée dans l’os permet de supprimer les contraintes due à l’emboîture. Ainsi, la connexion directe du membre artificiel au squelette améliore notamment les mobilités et la fonction du membre. Mais son installation nécessite deux interventions chirurgicales. La première vise à implanter une vis en titane dans l’os (voir schéma ci-contre, ©Integrum). La seconde intervient généralement six mois plus tard, le temps d’une cicatrisation durant laquelle les cellules osseuses colonisent le titane (voir photo ci-dessous) et consiste à installer une pièce (dite « aboutement ») qui permettra la fixation de la prothèse. Reste encore 6 mois de rééducation avant de pouvoir retrouver une autonomie.

Image en fausses couleurs de cellules osseuses colonisant la vis en titane (©Branemark Sweden)

Selon la FDA, cette option pourrait concerner quelque 4.000 personnes aux Etats-Unis. En France, la première opération de ce type a été réalisée à Montpellier en 2007. Mais ce type d’intervention non remboursée par la Sécurité sociale reste marginale, son coût s’élevant à environ 35.000 euros.